Dimanche
Quand la lavande fleurit sur le plateau de Valensole
n° 01 Le Verdon 3 min de lecture
La lavande fine fleurit de la mi-juin à la mi-juillet sur le plateau de Valensole : dates de coupe, heures de lumière et visite d'une distillerie.

La lavande fine du plateau de Valensole fleurit de la mi-juin à la mi-juillet, et la récolte se fait dans les trois semaines qui suivent. Le plateau s'étend à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Moustiers-Sainte-Marie, entre 500 et 700 mètres d'altitude, et la floraison y commence plus tard que sur le littoral varois, plus tôt que sur les hauteurs de la Haute-Provence. Pour voir les rangs violets, la fenêtre utile va du 20 juin au 15 juillet. Passé le 20 juillet, la plupart des parcelles sont coupées.
Pourquoi la date change d'une année à l'autre
La lavande fine, lavandula angustifolia, demande un hiver froid pour bien fleurir, et un printemps sec. Une année de pluies de mars et d'avril retarde la montée des épis d'une à deux semaines. Une année chaude en mai l'avance d'autant. Les producteurs du plateau notent leur date de coupe depuis des décennies, et l'écart entre la coupe la plus précoce et la plus tardive atteint trois semaines sur la même parcelle.
La lavande fine se reconnaît à ses épis courts et serrés, portés par une touffe basse et grise. Elle se distingue du lavandin, plus grand, plus large, plus florifère, qui pousse sur les mêmes terres et fleurit dix jours plus tard. Les deux sont cultivées sur le plateau, et deux parcelles voisines ne se récoltent pas le même jour.
À quelle heure regarder les champs
La lumière du plateau est rude entre onze heures et seize heures. Les rangs se lisent mieux tôt le matin, quand le soleil rase encore les épis et que les ombres portées dessinent les lignes de plantation, et en fin d'après-midi après dix-huit heures. Le vent compte aussi : le mistral qui descend la vallée couche les rangs et fait ressortir le dessin des rangs, alors qu'un jour sans vent donne une masse uniforme.
Les routes de desserte traversent le plateau entre Valensole, Puimoisson et Riez. Les chemins sont privés dans leur majorité : les parcelles appartiennent à des exploitations, et une voiture arrêtée dans un rang gêne une machine pendant la coupe. Les points de vue publics, eux, sont nombreux : la D6 entre Valensole et Riez offre plusieurs élargissements d'où l'on domine les champs sans entrer dans les cultures.
Comment se visite une distillerie
Trois distilleries du plateau ouvrent leurs portes en saison, de la fin juin à la fin août. Une visite dure de trente à quarante-cinq minutes et suit toujours les mêmes étapes : le dépôt des épis, l'alambic où la vapeur d'eau traverse la lavande, le séparateur où l'huile essentielle se décante, puis la mise en fût. Un hectare de lavande fine donne entre quinze et vingt-cinq kilos d'huile essentielle, selon l'âge de la plantation et la météo de la récolte.
L'huile essentielle de lavande fine se distingue du lavandin à l'odeur et au prix : la première demande trois fois plus de fleurs pour un litre, et son utilisation en parfumerie et en aromathérapie répond à des règles précises. La lavande de pays se trouve aussi en fleurs séchées, en sachets et en eau florale, vendus dans les boutiques d'exploitation et sur les marchés de Riez et de Valensole.
Préparer la visite
Partir de Moustiers-Sainte-Marie et rejoindre le plateau demande trente à quarante minutes de route par la D957 puis la D6. La chaleur de juillet impose de partir tôt, vers sept heures, de prévoir de l'eau et de finir la boucle avant midi. Les visites de distillerie se réservent souvent la veille, et les groupes y sont reçus le matin. Le plateau se traverse aussi à vélo, mais les routes y sont étroites et sans piste cyclable sur de longs tronçons.
Le carnet note ses sources : les dates de floraison et les rendements à l'hectare cités ici viennent des relevés de l'office de tourisme de Valensole et des publications professionnelles de la filière lavande.