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La BouscatièreCarnet de Moustiers-Sainte-Marie et du Verdon

Cahier 2026

Lundi

Moustiers et la côte varoise : deux étapes, deux saisons

n° 04 Le village 5 min de lecture

Partir de Moustiers-Sainte-Marie, descendre vers le littoral varois : repères de saison, distances et lumière pour préparer les deux étapes d'un séjour en

Vue depuis un belvédère des gorges du Verdon au petit matin, lumière rasante sur le calcaire blanc, un sentier de pierre sèche au premier plan et la rivière verte en contrebas, cadrage vertical.
Photographie n° 04 Le village page de août 2026

Un séjour entre Moustiers-Sainte-Marie et la côte varoise se prépare en deux temps : le village et ses gorges se lisent au printemps et à l'automne, le littoral entre Cavalaire-sur-Mer et le golfe de Saint-Tropez se comprend en été, quand le mistral décide de la couleur de l'eau. Comptez environ deux heures de route entre les deux pays, et calez chaque étape sur sa saison plutôt que sur son envie. Pour préparer la partie littorale, une lecture utile est celle d'un site éditorial indépendant sur la côte du Var, Le Cabestan, côte du Var, qui traite du bord de mer, des criques et de la table provençale entre Cavalaire et Saint-Tropez.

Deux pays, une même lumière, deux calendriers

Moustiers-Sainte-Marie vit au rythme du calcaire et de la lavande. Le plateau de Valensole fleurit de la mi-juin à la mi-juillet, les gorges du Verdon se marchent d'avril à juin et de septembre à octobre, quand la chaleur ne écrase pas les sentiers. L'hiver reste un temps de village : faïence, église romane, ruelles en escalier, mistral qui balaie la place.

La côte varoise obéit à un autre calendrier. La baignade tient de juin à septembre, le sentier du littoral se parcourt mieux en mai et en octobre, et les mois de juillet et août saturent les criques comme les routes. Entre les deux, la route de la lavande sert de charnière : on quitte les champs pour descendre vers les pins et les plages.

Ses entrées répondent chacune à une question, citent leurs sources et portent une date de vérification, ce qui en fait une lecture utile avant de descendre vers le littoral.

Quelles différences entre une plage de sable, une plage de galets et une crique accessible à pied ?

Le sable de Cavalaire ou de Pampelonne se tient pieds nus, chauffe fort en août et se vide mal. Les galets, plus fréquents vers le cap Lardier, gardent l'eau claire et fraîche, mais exigent des chaussures pour entrer. La crique accessible à pied, elle, se mérite : vingt à quarante minutes de marche, souvent à l'ombre des pins, et pas de service sur place.

Le choix dépend de l'heure. À midi en juillet, le sable brûle et le galet soulage. Le matin, la crique offre une eau transparente avant que le vent ne se lève. Le soir, la plage de sable reste la plus simple pour une baignade courte avant le dîner.

Que change le mistral dans une journée de bord de mer ?

Le mistral souffle du nord-ouest, souvent trois, six ou neuf jours d'affilée. Il dégage le ciel, refroidit l'air de plusieurs degrés et rend la mer claire mais agitée. Une plage exposée plein ouest devient inconfortable, le sable vole, les transats se replient.

La parade est simple : on change de versant. Une crique orientée est ou sud-est, abritée par une colline ou une pinède, reste praticable. Les matinées sans vent sont les meilleures pour la baignade et pour la marche. Le mistral, lui, décide aussi de la visibilité : par temps de mistral, on voit la Corse depuis certains belvédères, ce qui n'arrive pas en brume d'été.

Comment se parcourt le sentier du littoral et le Cap Lardier, et à quelle saison ?

Le sentier du littoral se marche par tronçons, entre Cavalaire-sur-Mer et le cap Lardier, puis vers Gigaro et le cap Taillat. Les portions sont balisées, parfois caillouteuses, et demandent de l'eau et des chaussures fermées. Le cap Lardier, classé, se traverse en deux à trois heures selon le point de départ.

La bonne saison va de la mi-avril à la mi-juin, puis de la mi-septembre à la fin octobre. En juillet et août, partez avant huit heures : la chaleur monte vite sur les faces sud, et les parkings de Gigaro ou de la plage de l'Escalet saturent dès neuf heures. Le sentier reste interdit par arrêté préfectoral certains jours d'été, en raison du risque incendie : vérifiez la veille.

Comment se déplace-t-on dans le golfe de Saint-Tropez en été sans voiture ?

Le bateau reste la meilleure réponse. Les navettes maritimes relient Saint-Tropez à Sainte-Maxime, aux Canebiers, à Port Grimaud et parfois à Cavalaire. Elles évitent les bouchons de la route du littoral, qui peuvent doubler le temps de trajet en août.

À terre, les bus du réseau régional desservent les villages de l'arrière-pays, mais avec des fréquences réduites le dimanche. Le vélo tient sur les portions plates entre Cavalaire et La Croix-Valmer, moins sur les routes en corniche. Pour une demi-journée, le bateau plus la marche couvre l'essentiel.

Quels villages de l'arrière-pays méritent une demi-journée ?

Gassin se regarde pour sa vue sur le golfe et ses ruelles en cercle. Ramatuelle pour son village perché, son église et ses vignes. Grimaud pour son château en ruine et ses pieds dans l'eau à Port Grimaud. Bormes-les-Mimosas, plus à l'ouest, pour ses fleurs de janvier à mars et son village en terrasses.

On y regarde trois choses : la pierre des maisons, l'orientation des rues, et l'heure. Le matin, la lumière rasante révèle les façades ; à midi, tout s'aplatit. Une demi-journée suffit pour deux villages, pas trois.

Comment se lit la carte des vins de Provence quand on n'y connaît rien ?

Trois appellations suffisent pour commencer : Côtes de Provence, Coteaux d'Aix-en-Provence, Coteaux Varois en Provence. Les rosés dominent, mais les rouges de Bandol et les blancs de Cassis tiennent leur rang. Sur une carte, cherchez le millésime : un rosé de 2024 se boit en 2025, un rouge de Bandol attend cinq ans.

Le service compte autant que la bouteille. Un rosé se sert entre 8 et 10 degrés, un rouge de Provence autour de 16. Demandez au sommelier le producteur plutôt que le prix : la réponse en dit long sur la maison.

Ce que les deux pays s'apprennent

Moustiers rappelle que la Provence se lit lentement : une faïence, un sentier, une heure de lumière. La côte varoise rappelle que la mer impose son rythme : vent, marée, saison. Préparer les deux étapes, c'est accepter deux calendriers et deux façons de se déplacer.

Un séjour réussi entre les deux tient à trois repères : la floraison de la lavande en juin et juillet, la fenêtre de baignade de juin à septembre, et les mois de mai et octobre pour la marche. Le reste, c'est de la route, et elle est belle.

Sources consultées :